Coran
Un article de Zwiki, l'encyclopédie libre.
ar:قرآن da:Koran de:Koran en:Qur'an es:Corán eo:Korano fa:قرآن ko:코란 hr:Kuran id:Al-Qur'an ia:Koran it:Corano ms:Al-Quran nl:Koran ja:クルアーン pl:Koran pt:Corão ro:Coran ru:Коран simple:Qur'an sl:Koran su:Qur'an sv:Koranen tt:Qör'än zh:古兰经
| Religion |
| Les trois monothéismes |
| judaïsme - christianisme - islam |
| Image manquante IconeIslam.png Cet article fait partie de la série Islam |
| Les cinq piliers |
| La profession de foi |
| La prière - L'aumône |
| Le jeûne |
| Pèlerinage à La Mecque |
| Villes saintes |
| La Mecque - Médine |
| Jérusalem |
| Nadjaf - Kerbala |
| Événements et Fêtes |
| Calendrier musulman - |
| Aïd el-Kebir - Hégire |
| Achoura - Arbaïn |
| Constructions religieuses |
| Mosquée - Minaret |
| Mihrab - Qibla |
| Religieux |
| Muezzin - Imam - Mollah |
| Ayatollah - Mufti |
| Textes et lois |
| Vocabulaire de l'islam - |
| Coran - Hadith - Sunna |
| Sourate - Fiqh - Fatwa |
| Charia - Hisba |
| Mouvements |
| Sunnisme - Chiisme |
| Kharidjisme |
| Écoles |
| Hanafisme - Malékisme |
| Chaféisme - Hanbalisme |
| Wahhabisme - Salafisme |
| Duodécimains - Ismaélisme |
| Motazilisme - Druzes |
| Acharisme - Soufisme |
Livre sacré de l'Islam, le Coran (القرآن ʾal qurʾān, « récitation ») regroupe les paroles divines qui auraient été communiquées à Mahomet par l'archange Gabriel sur une période de 23 ans. Il est parfois également appelé kitâb (livre, bible) ou dhikr (avertissement). Les musulmans le considèrent comme incréé, sauf l'école motazilite, triomphante au tournant des VIIIe-IXe siècle (califat de Harûn Ar-Rachid) et persécutée au IXe siècle.
| Sommaire |
Composition
Il est composé de 6219 versets (6211 ou 6218 selon certaines sources, leur nombre est incertain), nommés âyat en arabe, mot qui a pour singulier âya et signifie « preuve ». Cette appellation va de pair avec le fait que le Coran est considéré comme un miracle en lui-même. Ils sont répartis en 114 « chapitres », nommés sourates. Ce mot, d'origine incertaine, signifierait primitivement « révélation », puis « réunion de plusieurs révélations » ou « fragments de révélations ».
|
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
L'ordre des versets du Coran a été modifié un certain nombre de fois (voir ci-dessous). On y retrouve maintenant un ordre peu chronologique, mais on peut le séparer en deux sortes de textes :
- ceux de La Mecque, antérieurs à l'Hégire, généralement ce sont des versets plus courts, situés généralement à la fin du Coran
- ceux de Médine, postérieurs à l'Hégire, plus longs et situés au début.
Ils se démarquent par des différences de style et de vocabulaire.
Avant l'Hégire
Dans les sourates de la première période, Mahomet affirme la résurrection des morts et l'unité de Dieu, il se défend avec véhémence d'être un poète (voir La révélation), il condamne la coutume païenne qui consiste à enterrer vives les filles : il s'agit de révélations reçues à La Mecque. Néanmoins, l'idée maîtresse de Mahomet ne fut pas la proclamation du monothéisme, mais l'annonce de l'approche du Jugement dernier, idée très probablement empruntée aux chrétiens.
Les orientalistes allemands G. Weill et Nöldeke ont établi trois divisions dans les sourates révélées à La Mecque :
- Dans le premier des groupes, les versets, courts et très rythmés, contiennent des exhortations à la fois simples et fortes dont le sens est souvent obscur, qu'il s'agisse d'idées ou d'allusions peu claires. Nombre de ces serments sont fondés sur les phénomènes de la nature. D'autres, plus énigmatiques, adjurent les hommes de songer à leur salut. Ces sourates ne furent pas toutes comprises par les contemporains de Mahomet. La sourate 96 est considérée comme la plus ancienne d'entre elles. Ce groupe correspond aux quatre premières années de la mission de Mahomet.
- Les sourates du deuxième groupe sont plus calmes. Les serments tendent à disparaître pour faire place à la formule : « Ceci est la révélation d'Allah » ou à l'apostrophe « Parle ! » adressée par Allah à son prophète. L'annonce du Jugement dernier cède le pas à la proclamation du monothéisme : Mahomet rompt décidément avec les adorateurs d'idoles. Les sourates s'allongent. On y trouve quelques indications, encore assez vagues, de règles de conduite ou de rites, et des allusions aux prophètes qui précèdent Mahomet. Ce groupe correspond aux cinquième et sixième années de la mission.
- Ces légendes relatives aux prophètes se multiplient dans le troisième groupe des sourates mecquoises. Elles comprennent environ 1500 versets et tendent à montrer aux infidèles comment autrefois, les hommes ayant refusé d'écouter les prophètes furent frappés par Dieu. Les formules de serment ont disparu complètement. Allah s'y retrouve souvent désigné par le mot ar-Rahmân (« miséricordieux »), mot qui disparaît des sourates postérieures, peut-être en crainte que les croyants ne pensent qu'il s'agit d'une deuxième divinité. Ce groupe correspond à la fin de la sixième année de la mission.
Après l'Hégire
Les sourates médinoises sont plus « prescriptives ». Mahomet y devient plus un législateur religieux et politique qu'un prêcheur. Cette tâche étant accomplie, il doit organiser sa religion, tout en posant les bases fondamentales d'une société nouvelle. Il y réagit également à des faits contemporains : rappel du respect dû au prophète et à sa famille, louange de ceux qui meurent dans la voie de Dieu, attaques contre les hypocrites (pharisiens de l'Islam), attaques contre la trinité chrétienne, attaques contre les juifs. Dans les sourates mecquoises, Abraham intervient seulement comme un des prophètes antérieurs à Mahomet, sans aucun rapport avec les Arabes. Dans les sourates médinoises, après la rupture de Mahomet avec les Juifs, Abraham est rattaché directement aux Arabes : non seulement il a construit avec son fils Ismaël le sanctuaire de la Mecque, mais encore la pure religion primitive, celle que Mahomet entend rétablir, est celle d'Abraham que les Juifs et les Chrétiens ont déformée.
Si près de 500 versets regroupent les réglementations religieuses, civiles et pénales, il faut rappeler que cependant, les musulmans ne jugent pas d'après le Coran. D'autres sourates médinois résument également les devoirs et les croyances du bon musulman. Certains rites ne sont pas neufs, mais bien empruntés de rites païens. Par exemple, le rite du pèlerinage vient du paganisme arabe; le rite de la prière se rattache aux usages du christianisme oriental; le jeûne semble une imitation du jeûne juif du Pardon. Il y a également des traces de gnosticisme et de parsisme.
La révélation
Dans le Coran même, Mahomet explique qu'Allah lui parlait par l'intermédiaire d'un « esprit » qu'il présente comme un ange qu'il appelle Djibril (Gabriel). Il disait que ces révélations étaient issues d'un livre céleste, « la mère du Livre », accessible seulement à ceux qui sont en état de pureté. Ainsi, sa religion sort de la même source que les religions juive et chrétienne. Mahomet lui-même connut seulement certaines parties. Dans la partie post-Hégire du Coran, il condamne les juifs et les chrétiens de prétendre avoir reçu l'entièreté de l'Écriture, et fait plus grave, d'en avoir déplacé des mots.
D'après les traditions, Mahomet percevait d'abord une sorte de grondement; il était alors saisi comme d'un accès de fièvre; il pâlissait, tremblait et se faisait envelopper d'un manteau. Certains historiens ont envisagé qu'il souffrait d'épilepsie. Or on sait qu'au Moyen-Âge, en Orient aussi bien qu'en Occident, ces malades étaient considérés comme possédés d'un esprit. De plus, ses premiers sermons ressemblaient fortement à ceux des kâhin, devins arabes inspirés par un démon, s'exprimant obscurément, avec des serments basés sur les phénomènes de la nature et assez rythmés. Les poètes païens (châ'ir) étaient aussi possédés par un démon. De là que Mahomet se défendait d'être un poète ou un kâhin dans le Coran, car c'est ce dont ses détracteurs l'accusaient le plus facilement.
Établissement du texte du Coran
La tradition rapporte que, du temps de Mahomet, ils étaient écrits sur des feuilles de palmiers, des os plats (omoplates de chameau), des peaux ou des pierres, et étaient appris par cœur par les croyants, en entier ou en partie.
Dans la période qui suivit la mort de Mahomet, des divergences sont apparues au sein de la communauté sur l'ordre chronologique des sourates. Selon l'ordre choisi, l'interprétation de certains passages pouvait varier et pour trancher, une large partie des autorités opta pour un ordre théoriquement neutre : l'ordre décroissant de longueur. Une exception fut faite pour la première sourate, fort courte, qui sert d'introduction.
Ce classement a ses partisans qui affirment qu'il faut y voir l'affirmation de l'unité profonde du Coran dont aucune partie ne peut être envisagée indépendamment du tout. Il a aussi ses détracteurs qui dénoncent une altération grave de la chronologie voulue par l'archange Gabriel lui-même dans l'ordre qu'il imprima délibérément ou sur ordre divin à la révélation.
Diverses tentatives plus ou moins concordantes ont été faites pour reconstituer l'ordre chronologique. Celui-ci fait apparaître des correspondances éclairantes avec les événements de la vie du prophète tels qu'ils sont rapportés par la sunna. Des interprétations nouvelles de certains passages obscurs ont ainsi pu être avancées.
Traduction du Coran
Les courants conservateurs prétendent que le Coran ne peut exister qu'en arabe et qu'il ne peut pas et ne doit pas être traduit. Cette affirmation est souvent ressentie comme une volonté d'arabisation plus que d'islamisation dans les populations non arabophones. De la même façon le sermon de la prière du vendredi ne pourrait être fait qu'en arabe. Devant l'évidente inutilité de faire un discours dans une langue que personne ne comprend dans l'assemblée il a fallu faire un compromis. Les imams font deux fois le même discours dans la langue vernaculaire et, souvent sous une forme abrégée, en arabe.
L'ange Gabriel a eu pour mission de faire descendre le contenu du Coran céleste et de la transmettre au prophète.
- Ceci est, au contraire, un Coran glorieux écrit sur une table gardée !
- Le Coran (LXXXV ; 21-22)
- Le Coran est la parole de Dieu révélée à Son prophète et transcrite sur les pages du Livre.
- Ibn Khaldoun, Le livre des exemples. Muqaddima VI, X
C'est la tradition sunnite exprimée par Ibn Khaldûn, mais elle laisse entendre qu'il y a un original dont le Coran matériel est la transcription. Du point de vue ésotérique, le Coran matériel n'est que la représentation physique, une sorte de réplique, d'un Coran supérieur, occulté aux yeux du profane, un Coran enregistré sur une Table gardée (اللَوْح المَحْفوظ [al-lawḥ al-maḥfūẓ], la tablette préservée) (Le Coran LXXXV; 21-22), un livre caché (كِتَاب مَّكْنُون [kitāb mmaknūn], livre caché) (Le Coran LVI; 78) et que les mystiques appellent la Mère du Livre (أَمّ الكِتَاب [umm al-kitāb], mère du livre) (Le Coran III; 7).
- Ha, Mim.
- Par le Livre clair !
- Oui, nous en avons fait un Coran arabe !
- –Peut-être comprendrez-vous–
- Il existe auprès de nous, sublime et sage, dans la Mère du Livre.
- Le Coran (XLIII ; 1-4)
Ces quelques versets disent beaucoup. Le coran est un livre clair. Le Coran est en arabe: pour être compris des bédouins de La Mecque, c'était évidemment la seule façon d'y parvenir. Cela a servi longtemps à s'opposer aux traductions. Est-ce à dire que le Coran ne peut exister qu'en arabe ? Cependant il y a eu très tôt des traduction au moins partielles.
- Du vivant du prophète Salman le Persan, fit une traduction de la Fatiha, la première sourate, pour être utilisée lors de la prière par les persans.
- Ja`far ibn Abî Talib, frère d'`Alî traduisit quelques versets parlant de Jésus et Marie, lors de son ambassade au nom du prophète auprès du souverain chrétien d'Ethiopie le Négus.
- Une traduction en berbère fut faite vers 754. Elle a disparu à cause de la volonté d'arabiser l'Afrique du Nord.
- Une traduction en persan fut faite en 956.
- Une traduction en latin datant de 1143, de Pierre le Vénérable, ne fut publiée qu'en 1543 après la chute de Constantinople.
Il y a d'assez stériles controverses sur la présence de mot d'origine non arabe dans le Coran. Pour nommer des produits d'importation connus du monde arabe il est assez naturel que l'on ait employé le mot d'origine.
La bataille de Talas en 751 avait permis aux arabes de bénéficier des inventions chinoises. Ils prirent le papier et la soie. Les états musulmans attendirent plus de trois siècles avant d'introduire l'imprimerie, dont ils se méfiaient. Même après cette introduction, l'impression du Coran fut très longtemps considérée comme impie. Il faudra attendre 1787 pour voir la première version imprimée du Coran. Les Ottomans en 1757 avaient promulgué un édit contre l'imprimerie. Les armées de Bonaparte apportèrent la première presse à imprimer en Egypte au cours de la campagne de 1798.
Le Coran est inimitable
Chez les musulmans non arabophones ce genre de discours ressemble plus à un acte de foi qu'à un jugement rationnel. Néanmoins la tradition rapporte que la complexité du Coran est telle qu'un défi est lancé aux humains et aux djinns de coopérer pour donner un livre pareil.
- Dis: « Si les hommes et les djinns s'unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne produiraient rien qui lui ressemble, même s'ils s'aidaient mutuellement ».
- Le Coran (XVII ; 88)
Un autre défi fut également lancé aux plus éloquents des Arabes de forger dix sourates semblables à celles du Coran. Vers 786, sous le règne du Calife abbasside al-Hâdî, quelques lettrés tentèrent de relever ce défit. Au bout d'un an ils n'auraient pas pu, ou pas osé, produire l'équivalent d'une sourate. C'est ce que prédisait la sourate suivante :
- Si vous êtes dans le doute au sujet de ce que nous avons révélé à notre serviteur, apportez-nous une sourate semblable à ceci ; appelez vos témoins autres que Dieu, si vous êtes véridiques.
- Si vous ne le faites pas –et vous ne le ferez pas– Craignez le feu.
- Le Coran (II ; 23-24)
Voir aussi
Liens externes
Le Coran en ligne
- Le Coran (http://www.divineislam.co.uk/DivineIslam/Quran/iqra.php?S_ID=1&L_ID=FRA1)
- Une traduction francophone (http://islamfrance.free.fr/doc/coran/sourate/index.html).
Autres
- histoire de la formation du Coran (http://stehly.chez.tiscali.fr/histoire1.htm)
- Le Coran et la Science (http://atheisme.free.fr/Contributions/Coran_1_embryologie.htm)
- Des citations du Coran (http://www.onelittleangel.com/sagesse/citations/coran.asp).
- Youssef Seddik (http://grandguillaume.free.fr/c_rendus/Seddik.htm), Le Coran, autre lecture, autre traduction edition Barzach/de l'Aube (co-édition), 2002 recension (http://www.tamurth.net/article.php3?id_article=170)
- le Manuscrit de Sanaa (http://www.denistouret.net/constitalien/coranquestion.html), un proto-Coran. Plus complet, en anglais What is the Quran ? (http://www.theatlantic.com/issues/99jan/koran.htm)
- Le Coran, l'orthographe et le savant (http://charlatans.free.fr/coran.html), une vision historico-critique du Coran.
- Christoph Luxenberg, Die syro-aramaeische Lesart des Koran ; Ein Beitrag zur Entschlüsselung der Qur'ānsprache Berlin, Allemagne ed. Das Arabische Buch, First Edition, 2000.