Dahu
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| Dahu
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Le dahu (parfois orthographié dahut) est un animal brun-gris dont la principale caractéristique (outre le fait d'avoir quatre pattes) est que deux de ses quatre pattes sont plus courtes que les deux autres (celles de gauche ou celles de droite). Il existe donc deux sous-espèces bien marquées le dahu lévogyre (Dahutus montanus levogyrus) et le dahu dextrogyre (Dahutus montanus dextrogyrus) qui ne s'hybrident que très rarement dans la nature (seuls quelques rares cas de copulations acrobatiques ont été observés).
Cette étonnante adaptation à son habitat, à savoir la montagne, lui permet d'être toujours parfaitement stable quand il en parcourt les flancs. Le dahu se trouve des Pyrénées aux Alpes; on en trouverait même le long des berges de la Loire.
Quelques sceptiques prétendent qu'il ne s'agirait que d'un animal imaginaire destiné à berner les plus jeunes, malgré les nombreux témoignages qui ne laissent aucun doute sur son existence.
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La chasse au dahu
Cependant comme les plus avertis d'entre vous l'auront certainement déjà noté, l'atout précédemment cité a toutefois un revers : les chasseurs ont en effet mis au point une terrible technique de chasse :
- Le chasseur se cache dans un buisson et attend qu'un dahu passe à proximité. Là est tout le secret : il faut prendre son mal en patience et attendre que le dahu soit assez loin. Une fois l'animal presque hors de vue, il suffit d'émettre un petit sifflement en utilisant sa lèvre supérieure, sa lèvre inférieure et sa langue (plusieurs techniques sont paraît-il utilisées pour émettre ce sifflement).
- Le dahu, piégé par sa légendaire curiosité, se retourne.
- Et là, comme dirait l'autre, c'est le drame. Ne bénéficiant plus de son appui stable à la montagne, et étant au contraire en total déséquilibre, il choit au plus grand plaisir du chasseur susnommé.
La chasse au dahu (très prisée en Lorraine et en Bretagne) s'exécute en groupe, et le chasseur cité ci-dessus (qui émet le sifflement) est le membre novice du groupe.
Espèces voisines
Dahutus urbanus
D'après le Comité d'études du dahu de Gap, il y aurait une autre espèce de dahu, plus urbaine et d'ailleurs appelée Dahutus urbanus, qui serait parfaitement adaptée à nos célèbres trottoirs. En revanche le dahu urbain est en général limité à un espace géographique restreint correspondant à ce que l'on appelle communément un Pâté de maisons. Certains dahus urbains ont toutefois la possibilité de passer de pâtés en pâtés en utilisant les Dos d'âne.
Dahutus montanus anterius/posterius
Il existerait aussi un autre type de dahut des montagnes : il s'agirait d'un dahut avec les pattes avant (anterius) ou arrière (posterius) plus courtes que les autres. La chasse s'effectue de la même manière sinon que le dahut tombe en se retournant. Celui qui siffle se met alors en contrebas du gibier si celui-ci possède les pattes les plus courtes à l'avant. Un dahu dont les pattes les plus courtes sont à l'arrière conserve cependant une certaine stabilité en cas de retournement rendant sa chasse plus difficile. L'existence de cette espèce peut être mise en doute car un tel animal serait piégé une fois au sommet ou au pied de la montagne, à moins qu'il passe une partie de sa vie à se mouvoir à reculons.
Dahutus fleuvus
Comme indiqué en introduction, des espèces de dahus se retrouvent sur les rives de la Loire. Dans ce dernier cas, la classification est plus complexe. On trouve en effet quatre sous-espèces :
- Le dahu allant vers la mer par la rive droite (Dahutus fleuvus dextromareas)
- Le dahu allant vers la mer par la rive gauche (Dahutus fleuvus levomareas)
- Le dahu allant vers la source par la rive droite (Dahutus fleuvus dextrosurcia)
- Le dahu allant vers la source par la rive gauche (Dahutus fleuvus levosurcia)
Les dernières études tendent à prouver que les sous-especes dextromareas et levosurcia ont dérivé de la sous-espèce montagnarde D. montanus dextrogyrus. Levomareas et dextrusurcia ont quant à elles logiquement dérivé de D. montanus levogyrus. De la même façon que les espèces montagnardes, les espèces fluviales ont divergé du fait de difficultés physiques d'accouplement.
Une source d'erreur fréquente serait de confondre rive et côté, la rive gauche restant la même que l'on se dirige vers la source ou vers la mer, puisque définie par le côté gauche lorsque l'on se dirige vers la mer. Dans le cas de la Loire elle correspond le plus souvent au côté sud.
Espèces étrangères de dahus
Des étudiants expatriés ont reporté l'existence de dahuts hors de France. On le retrouve en effet en Espagne, en Suisse et en Italie. Des individus ont même été observés en Amérique du sud et sur le mont du Kilimanjaro. Phénomène étonnant, la prévalence de sous-espèces levogyrus, de seulement 28.4% pour les espèces européennes, atteint pour les espèces sud-américaines et africaines 77.1%, ceci étant dû aux effets de la force de Coriolis.
Protection du dahu
Hors de son habitat naturel (les flancs de montagne, les rives des fleuves et les trottoirs), le dahu est un animal très vulnérable. Pour éviter qu'il subisse le même sort que le dodo de l'île Maurice, sa chasse a été réglementée : elle ne peut avoir lieu que les 29 février et les 1er avril.
La partie montagneuse de la commune de Reignier, la « Colline », située à l'ouest de la ligne de chemin de fer, a été classée zone de protection du dahu, par arrété de biotope du Préfet de la Haute-Savoie en date du 1er avril 1967. La chasse au dahu y est strictement interdite, de même que sa photographie. Des aires spéciales de retournement pour dahu ont été aménagées, grâce à l'aide généreuse de la Direction départementale de l'agriculture. (Le Monde du 2001 avril 1)
Paléontologie et archéologie
L'ancêtre lointain du dahu serait le Dahuterium agilis du moyen Trias, dont on a retrouvé des exemples à Aubenas en Ardèche (Montenat, 1970). Les peintures rupestres de Julma-Olkky, en Finlande, montrent des chasseurs poursuivant un mammifère aux pattes asymétriques. Il est mentionné dans un manuscrit de Johannes de Sacromonto, datant de la fin du XIVe siècle. Le linguiste Horning rapporte avoir participé à une chasse au dahu en Haute-Saône en 1920.
Alimentation
Appartenant à la famille des mustélocanidés (certaines sources parlent plutôt des dahudacés), quelque part entre la fouine et le renard, le dahu est un opportuniste, en mesure de s'alimenter partout et en tout temps. En hiver il se nourrit de mousses et de lichens; en été il peut se procurer de fines herbes, de petits fruits, des escargots, des insectes et des araignées. Il se nourrit surtout de nuit. Le dahu est la proie du grand-duc (Bubo bubo), de l'aigle royal (Aquila chrysaetos), et, plus rarement, du milan royal (Milvus milvus).
Reproduction
Le dahu se reproduit surtout par voie orale. On remarque une certaine tendance à la multiplication de l'animal en présence de groupes sportifs ou de compagnies d'explorateurs. À la saison des amours, en hiver, le dahu mâle repère la femelle grâce à son odorat, et peut parcourir des douzaines de kilomètres pour la rejoindre. Lorsqu'ils se rencontrent face à face, l'accouplement procède avec beaucoup de précautions. La femelle met ordinairement bas trois petits, qui pourraient être confondus avec des chevreaux si ce n'était des longueurs des pattes. On n'a pas encore pu déterminer les facteurs génétiques qui déterminent si le nouveau-né est dextrogyre ou lévogyre.
La légende
D'un point de vue étymologique, le mot dahu proviendrait de la princesse Dahut de Bretagne. Elle donna les clefs des écluses de sa ville, Ys, au Diable. En pénitence, Dieu la transforma en un animal à la forme bizarre et poilue et aux pattes plus longues d'un côté que de l'autre.
Liens externes
- Site quasi-officiel du dahu et tout ce qu'il faut savoir sur cet animal (http://site.ifrance.com/dahu/)
- Site du dahut (http://dahu.free.fr/)
- Site pour la sauvegarde du Dahu (http://digilander.libero.it/rabelweb1/salviamo.htm) (en italien)en:Dahu